Frise horizontale à l'échelle du temps, de fin mai à fin novembre 2026, pour le solde de la taxe…

Il reste quelques semaines. La deuxième période de répartition du solde de la taxe d'apprentissage est ouverte sur la plateforme SOLTéA depuis le 3 septembre 2026 et se ferme le 21 octobre 2026. Passé cette date, plus aucune entreprise ne peut désigner l'établissement de son choix pour l'année.

L'enjeu n'est pas théorique. Lors de la campagne précédente, 522 millions d'euros ont été répartis par plus de 1,48 million d'employeurs vers près de 10 000 établissements. C'est une ressource libre, sans appel d'offres et sans dossier de financement à monter : elle dépend uniquement du fait qu'une entreprise pense à vous et clique sur votre nom.

De quoi parle-t-on exactement

La taxe d'apprentissage se divise en deux parts. La plus grosse, 87 %, finance l'apprentissage et part directement dans le circuit des France compétences et des opérateurs de compétences. Le reste, 13 % du total, s'appelle le solde. C'est la seule fraction dont l'employeur choisit lui-même le destinataire, parmi une liste d'établissements habilités : écoles, universités, lycées professionnels, CFA, organismes qui accompagnent vers l'emploi ou l'orientation.

Ce choix se fait sur SOLTéA, la plateforme gérée par la Caisse des dépôts pour le compte du ministère de l'Éducation nationale. L'employeur n'envoie plus de chèque à une école, comme c'était le cas avant la réforme : il déclare, puis il affecte en ligne, et la Caisse des dépôts verse.

Le calendrier officiel 2026

ÉtapeDate
1re période d'affectation par les employeurs26 mai au 21 août 2026
Premier virement aux établissementsà partir du 1er septembre 2026
2e période d'affectation3 septembre au 21 octobre 2026
Second virement aux établissementsà partir du 5 novembre 2026
Répartition réglementaire des fonds non affectésà partir du 26 novembre 2026

Une règle mérite d'être connue des deux côtés. Un employeur qui a réparti la totalité de son solde pendant la première période ne peut plus modifier ses choix après le 21 août. En revanche, s'il n'a affecté qu'une partie de son enveloppe, il peut encore compléter ou modifier jusqu'au 21 octobre. Autrement dit, les sommes encore disponibles aujourd'hui sont celles des entreprises qui n'ont pas terminé le travail au printemps, et elles sont précisément celles qu'une relance peut orienter.

Le même mécanisme, vu de deux endroits

Vu d'un établissement bénéficiaire

Prenons un CFA qui forme 300 apprentis et qui a reçu 18 000 euros de solde l'an dernier. Cette somme n'est conditionnée à rien : elle ne finance pas des heures, elle ne se justifie pas devant un financeur, elle sert souvent à renouveler un équipement d'atelier. Pour aller la chercher, il n'y a pas de dossier à déposer, seulement trois vérifications. Première : votre établissement figure bien sur la liste des bénéficiaires visible par les employeurs, avec un descriptif à jour, car un employeur qui ne vous trouve pas ne vous affecte pas. Deuxième : vos coordonnées bancaires sont correctes dans la plateforme, faute de quoi le virement de novembre ne partira pas. Troisième : vos entreprises partenaires, celles qui accueillent vos apprentis et vos stagiaires, savent que vous êtes éligible et connaissent la date du 21 octobre.

Vu d'une entreprise

Pour un employeur, ne rien faire a une conséquence précise : les fonds non affectés sont répartis par voie réglementaire à partir du 26 novembre, selon une clé qui ne tient aucun compte de ses préférences. L'argent est dû dans tous les cas, il a déjà été prélevé. La seule question est de savoir s'il ira vers l'école qui forme ses futurs soudeurs ou vers une répartition automatique. Cinq minutes de connexion transforment une taxe en levier de recrutement.

Ce qu'il faut surveiller

Deux points. Le premier est interne : contrôlez dès maintenant que votre fiche établissement est complète sur SOLTéA, la mise à jour d'un relevé d'identité bancaire en pleine période de versement fait perdre un cycle entier. Le second est budgétaire : la taxe d'apprentissage reste adossée à la masse salariale, dans un contexte où les ressources du système se resserrent, comme nous l'avons montré à propos des dotations aux Régions pour 2027 et de la trésorerie des CFA. Un solde de taxe bien travaillé ne remplace pas un financement, mais il arrive sans contrepartie administrative, ce qui est devenu rare.